Nos parents avaient des jardins et cultivaient les légumes. Je me rappelle bien tirer une carotte du sol, tantôt trop courte parce qu’impatient de la manger. On la nettoyait sur notre t-shirt et elle goûtait encore la terre.
Une semaine de fou comme bien du monde ces temps-ci : 12 heures par jour devant mon écran d’ordinateur, 2-3 rendez-vous, vite des courses de dernière minute, bla-bla-bla… à chacun son quotidien. Les carottes, on va les acheter emballées ou même transformées. Nous manquons de temps dans notre monde faste, préoccupé par les pertes à la bourse, les pubs à la télévision qui annoncent des gadgets pour se connecter à Internet sans fil avec notre portable et consulter le site de météo au milieu du parc de la Jacques-Cartier pour savoir à quelle heure il va mouiller. Étourdis par notre style de vie, le goût des carottes du jardin ne sera bientôt qu’un lointain souvenir.
Être régulièrement en contact avec la nature nous permet de réaliser que nous en faisons partie. C’est alors que la protection de l’environnement prend tout son sens, car l’humanité fait partie de cet environnement.
À l‘ère où la taxe sur le carbone semble être notre laissez-passer pour polluer à volonté, il faudrait peut-être se rappeler que nous ne sommes pas locataires des lieux que l’on habite, mais bien résidents permanents.
Admirez et respectez vos origines, parcourez les grands espaces.
Texte par Marc-André Lebuis





