« Le guide de l’écofood » d’Alexis Botaya (Minerva, 2008) nous apprend des choses étonnantes sur notre alimentation. On apprend entre autre que :

Pour produire 1 kilo de poulet, il faut 4 fois moins de céréales que pour produire 1 kilo de bœuf.

Décidément, le regard croisé sur l’alimentation et l’environnement n’a pas fini de nous étonner.

« Du plein air, j’en mange! » de Natalie Lacombe (Collection Géopleinair 2009), fait le point sur l’alimentation qui convient aux activités sportives avec, bien entendu, une foule de recettes pour remplir vos gamelles. De la crème de blé chocolatée au spaghetti hivernal au thon en passant par la galette du randonneur, vous avez tout ce qu’il faut pour nourrir sainement votre corps. La valeur nutritive des aliments est bien indiquée et la liste des ingrédients est complète.

Une partie du livre évalue nos besoin en énergie. Aux calories nécessaires pour le bon fonctionnement de notre métabolisme de base (respiration, pulsations cardiaques, transmission nerveuse, fabrication d’enzymes, etc.), il faut ajouter un nombre de calories en fonction du niveau d’activité physique. Une personne sédentaire a évidemment moins besoin de calories qu’une personne très active qui passe ses journées en raquettes, en ski de fond ou à pédaler à grande vitesse pendant des heures d’affilées. Le métabolisme de base (MB) d’une personne se calcule de façon approximative, avec une petite formule qui comprend l’âge en années (A), la taille en mètre (B), et le poids en kilos© :

Allez-y avec votre calculette :

Si vous êtes sédentaire, vous multipliez le MB par 1.35 pour vos besoins énergétiques quotidiens. Si vous êtes très actif, vous multipliez le MB par 1.95. Dans le cas de madame très active, cela fait 2654 calories. Dans le cas de monsieur très actif, le nombre de calories est 3327. Si vous êtes très actif, toute une journée dehors en plein hiver par un temps très froid, il faudra encore ajouter des calories pour porter le total à environ 5000 calories. Et si vous grimpez l’Everest, au froid, en altitude, avec votre bagage, il faudra encore plus d’énergie…

La consommation quotidienne de liquide est aussi importante à évaluer. On suggère 1 ml/calorie. Ainsi, si on consomme 3000 calories dans la journée, il faudra prévoir 3 litres de liquides à prendre idéalement à petites doses de 150 à 250 ml à toutes les 15-20 minutes. Si l’activité est très intense sous une forte chaleur pendant une journée complète, il faudra augmenter la quantité de liquide de 1, 2 ou même 3 litres. Comme le mentionne l’auteur, ces calculs sont à titre indicatif. Chose certaine, si vous manquez d’énergie ou de liquides, vous allez vous en rendre compte rapidement : fatigue, temps de réaction plus lent, difficulté à maintenir la température du corps, à garder l’équilibre…et vous augmentez les risques d’accidents.

Ce livre comprend une foule de tableaux sur les vitamines, la valeur nutritive des aliments, leur contenu en matières grasses, sur les proportions de lipides, de glucides et de protéines pour obtenir des apports énergétiques équilibrés, etc, ce qui en fait un livre plus qu’intéressant pour la clientèle d’Eco Aventure Monde.

Soyez éco… dans votre assiette

Bien manger est tout à fait vital. De bonnes habitudes alimentaires et de l’exercice physique sont généralement le gage d’une bonne santé. L’alimentation fait l’objet de nombreuses publications, de revues, de livres de recettes, d’émissions de TV bref, d’une profusion d’informations.

Mais, saviez-vous que ce n’est que depuis quelques années que les étiquettes des aliments sont standardisés et permettent de comparer les produits entre eux? Sur le Web, on nous apprend à lire les étiquettes, entre autres sur le site de Santé Canada. La règle de base est relativement simple; pour une bonne alimentation, on choisit autant que possible des produits à faible teneur en lipides saturés, en sel et en sucre. À la lecture des étiquettes, vous serez étonnés de constater que les plats préparés ou ceux en sachets auxquels il ne suffit que d’ajouter un peu d’eau pour passer pour un grand chef sont habituellement très riches en sel. Plus souvent qu’autrement,vaut mieux cuisiner soi-même, c’est plus éco et plus santé!

Ensuite, on peut s’interroger sur la production des aliments. Par exemple, pour produire 1 kilo de viande de bœuf, il faut nourrir l’animal avec l’équivalent de 16 kilos de grain, tandis que pour 1 kilo de viande de poulet, il faudrait environ 5 kilos de ce même grain. Le poisson serait encore mieux que le poulet.

Ça ne veut pas dire qu’il faut se priver à tout jamais de côtelettes et de steak, sauf que l’on sait maintenant que certains animaux réussissent mieux que d’autres à transformer leur nourriture en viande. Autrement dit, ils sont plus éco.

On peut aussi se demander quel impact sur l’environnement peut avoir la production animale. Des analyses récentes indiquent que pour produire 1 kilo de viande de bœuf on émet 14.83 kilos de gaz à effet de serre (GES). Pour 1 kilo de poulet, ce serait seulement 1.1 kilo de GES. Ici encore, le poulet est plus éco que le bœuf. Sans parler de l’agriculture biologique qui a moins d’impact sur l’environnement que l’agriculture conventionnelle, puisqu’elle n’utilise pas de pesticides et d’engrais chimiques.

Il y a aussi toute la question de l’énergie. Si on compare le nombre de calories dans la nourriture avec le nombre de calories nécessaires pour la produire, la transformer, la transporter, l’empaqueter, la cuisiner, la réfrigérer…on constate qu’en Amérique du Nord, il faut en général 7 fois plus d’énergie pour passer de la ferme à votre assiette que la quantité d’énergie que contient la nourriture elle-même. Et cette énergie provient en grande partie des combustibles fossiles beaucoup plus que des énergies renouvelables!

Pour être éco dans son assiette, on fait face à de nombreux dilemmes. Afin de réduire les distances de transport et réduire la facture énergétique de ce que nous mangeons, il faut privilégier les produits locaux. Mais pour avoir des fruits frais en plein hiver, il faudra bien sûr accepter qu’ils voyagent un peu. Pour manger des aliments biologiques, il faut payer un peu plus cher et encourager nos agriculteurs à les produire ici-même plutôt que de les faire venir de la Californie. Pour les protéines animales, il faut privilégier un régime avec des viandes plus éco, quitte à sacrifier son T-bone ou ses spares ribs de temps en temps. Et pourquoi pas avoir son petit jardin avec de la laitue et des tomates, bios bien entendu? Si vous n’avez pas d’espace pour le jardin ou si vous manquez de temps, des fines herbes dans un pot de fleurs, ça pousse dans votre appartement, même en hiver.

En conclusion, comme l’ont mentionné en 2003 l’Organisation mondiale pour la santé et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, le cancer, le diabète et l’obésité, il faut : moins de graisses saturées, de sel et de sucre, plus de fruits et de légumes et d’exercice physique.

Être éco dans son assiette, c’est la santé et une conscience environnementale.

Pour en savoir plus : Michael Pollan; The Omnivore Dilemma, 2006. Sciences et Avenir, Octobre 2009.

Texte par Jacques Lebuis

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